Détresse mentale chez des élèves aux épreuves du baccalauréat.
Port-au-Prince, le 6 Août 2024.-Les épreuves du baccalauréat pour l'année académique 2023-2024 ont débuté le 5 août pour 121 006 candidats en Haïti, mais se déroulent dans un contexte de grande détresse en raison de l'insécurité croissante. De nombreux élèves, forcés de fuir leurs foyers en raison de la violence des gangs, peinent à se concentrer sur leurs examens.
Une élève originaire de Carrefour-Feuilles, une zone durement touchée par les violences, explique : «Je n'ai eu d'autre choix que de quitter ma maison à cause des gangs. Maintenant, je vis dans un camp. Ce n'était pas facile pour moi de me concentrer dans un environnement si différent de celui auquel j'étais habituée ». Une autre élève de Gressier, déplacée à Lalue après avoir abandonné sa maison à cause des attaques nocturnes, partage des difficultés similaires.
Des élèves dont les écoles ont été déplacées à Delmas 95, à cause des gangs qui ont envahi leur quartier, font également état de leurs défis : « Il était difficile pour moi de m'adapter. Les gangs ont pris le contrôle de notre quartier, et c'est comme si nous devions recommencer à zéro».
Dans un centre d'examen à Turgeau, une candidate, ayant subi un viol en mars, confie son désespoir : "J’ai été violée, ma mère et moi, dans la nuit du 2 mars 2024. Je suis venue passer les examens, je ne sais pas si je vais réussir. Je vis dans un camp, mais je garde espoir".
Les violences continuent de ravager le pays, avec 1 379 personnes tuées ou blessées et 428 enlevées entre avril et juin 2024, selon un rapport du Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Bien que ces chiffres montrent une légère diminution par rapport au trimestre précédent, la situation reste critique, principalement dans le département de l’Ouest, et les violences continuent de perturber la vie quotidienne et les examens.
Bitoss FRANÇOIS
Pour la rédaction Média Legliz La