Haïti en Péril : L’Exode des Habitants Face à la Tyrannie des Gangs et l’Immobilisme Politique.
Port-au-Prince, Haïti, le 15 novembre 2024.- Depuis le lundi 11 novembre 2024, Haïti s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise humanitaire sans précédent, alors que les populations de quartiers comme Solino, Nazon et Christ-Roi fuient leurs maisons pour échapper à la violence incessante des gangs armés. Ces déplacements massifs, souvent improvisés, laissent des familles entières sans abri, errant dans les rues à la recherche d’un refuge. Cet exode forcé révèle l’incapacité criante des autorités à contenir les factions armées qui imposent désormais leur loi dans plusieurs zones urbaines.
Dans ce contexte de chaos grandissant, les leaders politiques paraissent déconnectés des souffrances de la population. Alors que les citoyens réclament désespérément sécurité et stabilité, le Conseil présidentiel de transition et le nouveau Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, semblent englués dans des négociations interminables autour de la répartition des portefeuilles ministériels. Cette lutte interne pour le pouvoir donne l’impression d’une classe dirigeante plus préoccupée par ses intérêts personnels que par l’urgence d’agir.
L’écart entre les besoins des citoyens et les priorités de la classe politique s’élargit de jour en jour. Les institutions, censées être garantes de l’ordre et de la protection, se montrent incapables de répondre aux défis actuels. Pour beaucoup d’Haïtiens, l’État devient synonyme d’inertie et d’indifférence, laissant les communautés seules face à une violence qui les dépasse.
Si cette situation persiste, les conséquences risquent d’être dramatiques. Les gangs, déjà fortement implantés, continuent de renforcer leur contrôle sur de larges portions du territoire. Pendant ce temps, l’absence de mesures concrètes pour restaurer la sécurité ne fait qu’aggraver la désillusion et la colère d’une population désabusée.
Haïti se trouve à un tournant critique. Les autorités doivent rapidement rompre avec cette inaction et mettre en œuvre des solutions concrètes pour sécuriser le pays et répondre aux besoins immédiats de la population. Le temps presse : à défaut d’un sursaut politique, le pays pourrait sombrer encore plus profondément dans l’instabilité, compromettant durablement tout espoir de redressement.
Bitoss FRANÇOIS
Média Legliz La